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Les “Malais” comme on les désigne dans l’ensemble du
système solaire règnent sur Mercure comme sur un enfer.
Ils se distinguent d’abord du point de vue ethnographique
: tandis que les Mercuriens sont en grande majorité d’origine latino-américaine
et parlent espagnol, les “Malais” sont issus de dynasties indonésiennes
et philippines, et parlent le Javanais. Leur appelation vient du sobriquet
qu’on leur donnait sur la Lune avant leur expulsion.
Les membres de cette caste sont tous parents, et
la nouvelle génération est d’ailleurs lourdement frappée
des dommages de la consanguinité. Jusqu’en 2144, cette caste a
profité du marché favorable produit par la colonisation
de Jupiter et Saturne, et exploitait Mercure pour son enrichissement personnel.
De cette première epoque datent les palais somptueux des pôles,
entre lesquels la caste migre tous les mois et demi.
Depuis 2144, date où l’USF a mis la main
sur les fermes vénusiennes et a positionne sa Ière Flotte
dans l’orbite de Mercure, les Malais ont également perdu leur indépendance.
Ils doivent maintenant acheter l’air, l’eau et la nourriture des fermes
vénusiennes via l’Interstate Free-Trade Agency
(IFTA), à des prix marginalement favorables. Leur profit est devenu symbolique,
et sert à maintenir un niveau de vie bien plus modeste que par
le passé.
Comme ils ne peuvent influer sur les prix de l’IFTA
tant sur l'importation que sur l’exportation de minerai, les Malais tentent
de gagner sur les quantités produites en exercant une lourde pression
sur les ouvriers mercuriens, ainsi qu’en réduisant toujours plus
leurs importations.
La mainmise de l’USF en 2144 a provoqué le
départ des Malais les plus doués, enfin libérés
de leur carcan politico-familial. D’aucuns se sont rendus sur Callisto
(Jupiter), une colonie devouée à la recherche et au savoir,
la plupart se sont fondus dans la masse grouillante de Métropolis.
Les Malais restants sont plus ou moins incapables,
farouches nostalgiques d’une époque d’opulence et divisés
par de sordides conflits de famille et d’interêts, auxquels on dit
que la Federal Intelligence Organisation
(FIO) de l’USF ne serait pas étrangère.
La production de Mercure n’est plus gérée
par les Malais depuis 2144, mais par des administrateurs USF. Ceux-ci
sont secondés dans leur tâche par tout un peuple de mercenaires
et d’aventuriers, qui s’occupent de la police, du trafic spatial et de
la bonne marche des usines.
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