Shaïm Nabar : le comptoir de Métropolis
   

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Situation et histoire du bâtiment

Le bâtiment actuellement utilisé comme comptoir par les Shaïms Nabar a été une installation militaire, prise de nombreuses fois par les deux camps au cours de la guerre.

C'était à l'origine un bâtiment blindé appartenant au premier astroport de la ville, hébergeant des ateliers de réparation astonautiques. Plus rien n'est resté de ces instalaltions après plus d'une décennie d'âpres combats autour de l'astroport, hormis une coque de béton trouée très encombrante et trop coûteuse à détruire.

Ce bâtiment, un temps utilisé pour diverses activités après la guerre, fut finalement confié aux Shaïm Nabar lorsque ceux-ci cherchaient un endroit pour centraliser le commerce de leur caravanes. Le bâtiment se situe en effet en dehors du cratère dans lequel la ville est bâtie, entre Métropolis et Gani.

La zone avoisinante héberge une pléthore de petites industries, d'entrepôts et de diverses autres activités généralement liées à l'astroport, distant d'une petite dizaine de kilomètres du Comptoir.

L'essentiel du bâtiment est une grande halle où s'entasse du matériel militaire hétéroclite glané à la surface de toute la planète. Au-dessus de cette halle ont été bâtis trois étages, faits de petites pièces imbriquées à la mode troglodyte. Il est difficile de s'y orienter, même pour les Shaïm Nabar communs. Il y existe plusieurs salles secrètes, où la direction du Comptoir cache armes, métaux précieux, narcotiques et diverses autres choses précieuses.

Une grande porte coulissante en métal, preforée à outrance par presque tous les calibres utilisés durant la guerre, donne accès au hangar. Plusieurs autres entrées utilisées pour conquérir le bâtiment ont été condamnées ou aménagées pour laisser passer des personnes uniquement.

Le marché

Le matériel que propose le Comptoir est d'une qualité médiocre (l'essentiel a passé entre dix et vingt ans dans le désert), mais il est très bon marché. Lorsqu'on cherche à s'armer à un prix très faible, sans se soucier de la qualité, le Comptoir est l'un des premiers endroits auxquels pense la pégre métropolitaine.

En dehors de l'armement et des munitions, qui n'intéressent somme toute qu'une clientèle assez specialisée, le Comptoir propose toute une gamme de produits paramilitaires ou tout simplement à prix sacrifiés.

Pour le grand public, lits de camp, vêtements et textiles, boîtes et cantines métalliques, jerrycans, tentes, sacs, couteaux et autres prises d'opportunités. Pour les proprétaires d'astronefs, capsules spatiales, sièges éjéctables, liquide cryogénique, torpilles et éléctronique de bord, entre autres équipements.

Le Comptoir a une liste assez exhaustive de divers équipements astronautiques encombrants disséminés sur la planète, comme des armes spatiales, des moteurs ou des générateurs atomiques, et peut organiser ces pièces sur demande, si bien sûr le temps n'est pas un facteur. L'amirauté de Triton (Neptune), à un an de voyage, est un bon client de cette activité du Comptoir, avec les pièces duquel elle retape ses vieux vaisseaux et des semi-épaves.

Même les forces armées de la Direction Planétaire et les forces de polices y achètent certaines pièces détachées rares ou intéressantes. La direction du Comptoir est reliée en permanence aux réseaux de Métropolis, et cultivent des liens privilégiés avec des clients potentiels, notamment la pègre.

Le Comptoir, nous le verrons plus bas, couvre ses propres frais de fonctionnement, et mène un commerce très rentable : il revend du matériel militaire, et achète pour cet argent quelques tonnes d'eau.

Le bénéfice de l'opération est investi dans des valeurs sûres, car les Shaïm Nabar sont bien conscients que leur activité de caravanage ne pourra pas durer éternellement. L'objectif est de constituer un capital suffisant pour que les intérêts nets de celui-ci permettent d'acheter l'eau nécessaire à la survie et à l'expansion de Gani.

Conformément à l'accord établi entre Métropolis et les Shaïm Nabar, cet investissement est principalement effectués en Bons du Trésor Métropolitain ; la partie restante est gérée de façon plus opaque, généralement dans un système de fonds secrets à la discrétion du Maire de Métropolis. Cette activité est très rémunératrice, et a comme avantage indirect que la police ferme les yeux sur le trafic d'armes du Comptoir.

Le personnel du Comptoir

Le Comptoir compte une cinquantaine d'Erudits, une centaine de Guerriers et une trentaine de Courtisanes, une caste tout à fait spécifique. Les femmes Erudites et les Guerriers "tiennent la boutique", les Erudits vont sur le terrain, escortés de Guerrières, pour démarcher les clients potentiels et entretenir les contacts.

Les activités des Guerrières

Les Guerrières ont l'obligation de s'exercer continuellement, dans le cadre de l'instruction in utero de leur progéniture. Elles tirent profit de cette obligation en donnant des cours d'arts martiaux, d'auto-défense et de tir. Elles ont développé un art martial assez spécial, qui permet de combattre en étant enceinte, qui intéresse les futures mères et les personnes grosses ; ce savoir-faire tout à fait unique est très cher payé.

Les Guerrières sont des professionnelles du combat, et elles ont, du fait de l'instruction in utero, le combat littéralement dans le sang, ce qui leur procure un avantage additionnel à celui de leur entraînement permanent. Ce sont des combattantes très redoutées dans le milieu de la pègre et de la contrebande qui gravite autour de l'astroport, et elles monnaient là aussi très cher leurs services.

Les Guerrières générèrent assez de revenus pour couvrir une bonne partie des frais de fonctionnement du Comptoir. Le reste, et parfois même un bénéfice occasionnel, vient de l'activité des Courtisanes.

     
 

Les activités des Courtisanes

En effet, pour certains humains blasés ou avide d'exotisme, la langue bifide des Shaïm Nabar ou leur simple altérité est objet de désir sexuel. La régularité des demandes que recevait le Comptoir à ses débuts de la part des différents bordels de la ville donna l'idée de spécialiser certaines femmes dans ces services très rémunérateurs.

L'instruction in utero aidant, toute une gamme de techniques, sexuelles comme de séduction, fut dévelopée et transmise de mère en fille. Bien qu'une poignée de mâles exerce également les activités de cette caste, la plupart des fils des Courtisanes partent avec les caravanes étreindre une plus grande destinée. Le nombre des Courtisanes, mâles ou femelles, est tenu à un niveau assez faible pour entretenir leur rareté sur le marché, et donc maintenir des tarifs élevés.

Un attrait supplémentaire des Courtisanes est que l'hybridation tout comme la transmission de maladie étant biologiquement impossible, la contraception et la protection n'ont donc pas lieu d'être pour le client.

En définitive, le Comptoir est un dispositif central dans la survie de la nation des Shaïm Nabar, mais également bien établie dans diverses activités de l'économie parallèle et de la pègre de Métropolis. Métropolis ne serait pas la même sans cette poignée de femmes-lézards redoutables ou plaisantes, et nombre de vaisseaux ne silloneraient pas si aisément l'espace sans certaines pièces récupérées à un haut coût humain par ces hybrides fascinants.

 
Illustration réalisée par Le Grümph
     
 
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