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Shaïm
Nabar : Humains et Erudits
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Index géneral |
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| Le système solaire | ||||
| Mars - Shaïm Nabar | ||||
| Humains et Erudits | ||||
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Près de mille auxiliaires humains ont aidé la nation des Shaïm Nabar à se construire pendant la guerre. Presque exclusivement des déserteurs et des anciens prisonniers USF, la plupart ont rejoints Métropolis à la fin des hostilités. Quelques humains sont restés, pour une multitude de raisons ; certains n'avaient pas de foyer à rejoindre, d'autres sont estimés ici alors qu'ils seraient guère plus de des miséreux ailleurs. Un petit nombre est resté par attachement, voire par fascination, pour ce peuple à la destinée presque biblique. Les humains, de par leur longévité et leur savoir accumulé depuis des décennies, sont indispensables à la survie de la nation. Informaticiens, médecins, techniciens ou philosophes, les humains sont la béquille sans laquelle les Shaïm Nabar ne pourraient survivre. Les humains ne sont pas tolérés dans Gani (ce qui n'est pas forcément pour leur déplaire), aussi habitent-ils une petite ville de tentes en haut du Grand Canal, centrée sur les points d'accès à Gani. Seul un sentier presque invisible mène du désert à cette petite ville, illuminée le soir par des lampes isolées. La ville des humains héberge nombre d'activités complexes, comme le centre informatique, les ateliers mécaniques et un petit hôpital de campagne. Protégée du vent, une plantation de cactus sert à approvisionner une petite distillerie de mezcal, de la vente et de la consommation duquel les humains améliorent leur ordinaire.
Les informaticiens forment la communauté la plus importante dans ceux qui sont restés, car ils mènent un programme de recherche sur l'assistance robotique. En effet, les conditions de transmission du savoir et la courte durée de vie des Shaïm Nabar en font des sujets de recherche très intéressants sur le thème : "Comment un ignorant peut-il gérer le plus de complexité possible au moyen de l'assistance informatique et robotique ?". Les informaticiens ont déjà déposé un brevet en robotique, qui finance l'ensemble de leur matériel et de leur recherche (d'où la présence de technologies de pointes dans ces tentes rapiécées). Selon quelques autres humains du camp qui suivent ces recherches de loin, ce brevet serait tout à fait négligeable par rapport à l'ampleur de l'avancée que le programme de recherche aurait déjà atteint, dans un secret presque total. Les humains ont retapés
quelques camions militaires, qu'ils utilisent pour faire la navette avec
Métropolis. L'essentiel des coûts est pris à la charge
des informaticiens, qui sont également ceux qui utilisent le plus
ces transports. L'economie des humains habitant le camp de Gani est donc
désolidarisée de l'économie des Shaïm Nabar,
les derniers fournissant la nourriture aux premiers en guise de paiements
pour leurs services. Gani est dirigé par une caste spéciale, les Erudits, qui se sont spécialisés dans le développement de leurs capacités intellectuelles ; les Erudits sont les seuls à pouvoir diriger cette nation neuve et complexe. Comme dans les autres castes, les femmes s'occupent des tâches plutôt communes, en substance la coordination des activités de Gani. Les hommes s'occupent des "affaires extérieures", c'est-à-dire la direction des opérations de ferraillage et de caravanage (voir chapitre correspondant), les contacts avec la Direction Planétaire et enfin l'organisation du commerce et du Comptoir de Métropolis (voir chapitre correspondant). Les Erudits passent beaucoup de temps à discuter avec les auxiliaires humains, notamment avec les plus philospohes. Ils soutiennent activement les informaticiens, et leur procurent autant de sujets d'expérimentation qu'ils le désirent. L'expérience gagnée de ces contacts laissent penser à certains spécialistes humains que les Erudits ont des objectifs propres en dehors de la bonne marche des affaires : à terme, les Erudits pourraient représenter une race supérieure, pouvant mieux s'occuper des activités des autres castes que les spécialistes eux-mêmes. Plutôt que de gâcher des ressources à employer des monospécialistes, les Erudits pourraient donc, en tant que polyspécialistes, remplacer de larges pans de la population.
Quelques indices confirmeraient cette approche. A la différence des autres castes, l'excellence n'est pas atteinte à la troisième génération chez les Erudits, mais continue à se développer d'une génération à l'autre. Les Erudits font même une distinction dans l'ordre de naissance dans leur caste, puisque les mères sont moins bien formées lors de leur première grossesse que lors de leur seconde et, nous le verrons bientôt, de leur troisième. Les premiers-nés, possédant moins de potentiel que les seconds-nés, sont ravalés dans une sorte de sous-caste parmi les Erudits, et généralement exilés pour diriger les caravanes et les opérations de ferraillage dans le désert. Ainsi, seul les meilleurs Erudits restent à Gani, maximisant le potentiel. En raison de cet exil, que la complexité des orpérations dans le désert justifie amplement, et de la forte mortalité qui en résulte, les Erudites n'hésitent pas à s'octroyer le droit de concevoir un troisième enfant. Ainsi est garantie la stabilité de la caste dans l'ensemble de la population, en réparation du sacrifice lié aux populations exilées. Mais en fait, lorsqu'on calcule les pertes et profits, la part de la caste des Erudits dans la population totale augmente discrètement à chaque génération. Comme c'est la charge de la caste des Erudits de veiller à la bonne répartition des castes dans la population, et que ce genre d'information se perd et se déforme dans les autres castes du fait de la succession rapide des générations, cette invasion lente passe inapercue aux yeux des Shaïm Nabar. Seuls certains humains, qui connaissent les Shaïms Nabar depuis leur apparition dans l'univers, ne sont pas dupes.
Les conditions de conception du troisième enfant des Erudites diffère radicalement de la procréation habituelle des Shaïm Nabar. Alors que premier et second enfant sont conçus selon la tradition avec le matériel génétique des mâles de la caste, l'influence de ce derniers dans l'instruction in utero est nulle - il s'agit toujours d'une instruction acquise, donc non génétique. Le troisième enfant doit non seulement profiter de l'expérience maximale de sa mère, mais également d'un avantage génétique. C'est pourquoi la fécondation des vieilles Shaïm Nabar est le privilège des mâles les plus âgés, toute considération de caste mise à part ; parfois, un individu particulièrement âgé a le privilège de féconder plusieurs femmes dans leurs derniers jours. Cette ultime satisfaction du désir génésique équivaut pour ces mâles à honneur immense, voire au Paradis. Par cette méthode, les Erudits espèrent allonger l'espérance de vie de leur caste, et les relevés statistiques montrent que cette méthode commence à porter ses fruits, car l'espérance de vie moyenne des Erudits est déjà à 5 ans, contre 4 ans -comme toujours- pour les autres castes. Mais la conception du troisième enfant est également une entreprise très risquée, comme la mère peut mourir de vieillesse durant sa grossesse. |
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